— Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, - \r\nEt ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur ! - \r\nIl disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive, - \r\nÀ force de rester studieuse et pensive,\r\nJusqu'à ce haut degré de stoïque fierté\r\nOù, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté. - \r\nGémir, pleurer, prier, est également lâche. - \r\nFais énergiquement ta longue et lourde tâche - \r\nDans la voie où le sort a voulu t'appeler, - \r\nPuis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
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Muet, aveugle et sourd au cri des créatures, - Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté, - Le juste opposera le dédain à l'absence, - Et ne répondra plus que par un froid silence - Au silence éternel de la Divinité.
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Il nous regarde encore, ensuite il se recouche, - Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche, - Et, sans daigner savoir comment il a péri, - Refermant ses grands yeux, meurt, sans jeter un cri.
Dieu! que le son du cor est triste au fond des bois!
Mes marches d'émeraude et mes parvis d'albâtre, - Mes colonnes de marbre ont les dieux pour sculpteurs.
Plus l'esprit est vigoureux, plus il se perd dans les catacombes de l'incertitude humaine.
Dans la même œuvre
Elle me dit: Je suis l'impassible théâtre - Que ne peut remuer le pied de ses acteurs ... - Je sens passer sur moi la comédie humaine - Qui cherche en vain au ciel ses muets spectateurs.
Le vrai Dieu, le Dieu fort, c'est le Dieu des idées.
Le seuil est parfumé, l'alcôve est large et sombre, - Et, là, parmi les fleurs, nous trouverons dans l'ombre, - Pour nos cheveux unis un lit silencieux.
Ne me laisse jamais seul avec la Nature, - Car je la connais trop pour n'en pas avoir peur.
Poésie! ô trésor! perle de la pensée! - Les tumultes du coeur, comme ceux de la mer, - Ne sauraient empêcher ta robe nuancée - D'amasser les couleurs qui doivent te former.